PIERRE DESPROGES 16/06/1986

Le football !
La sagesse populaire, on connaît. C’est elle qui a élu Hitler en 33, c’est elle qui va au foot à Bruxelles, c’est elle qui fait grimper l’indice d’écoute de « Porte Bonheur ».
Chroniques de la haine ordinaire

Si la virilité c’est le foot, la bagnole, la boxe et la guerre, je ne me sens pas du tout viril, je me sens très féminin et je me plais beaucoup plus dans la compagnie des femmes pour bien des activités, y compris pour faire l’amour, que dans la compagnie des hommes.
RMC interview par le Dr Renaud

J’ai horreur du travail en équipe, j’ai horreur de la chaleur humaine. Quand les hommes font autre chose que de la musique en bande, ça se termine toujours au Heysel.
Le Progrès de Lyon, 20 mars 1987

Je ne suis pas un moraliste, car un moraliste défend des idées. Moi, je n’ai pas l’intention de convaincre, je parle pour moi. J’essaie de ne pas vivre en contradiction avec les idées que je ne défends pas.
Libre Belgique, interview par Claire Diez le 21 janvier 1988

À mort le foot !

Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied.

Le football !
La sagesse populaire, on connaît. C’est elle qui a élu Hitler en 33, c’est elle qui va au foot à Bruxelles, c’est elle qui fait grimper l’indice d’écoute de « Porte Bonheur ».
Chroniques de la haine ordinaire

Si la virilité c’est le foot, la bagnole, la boxe et la guerre, je ne me sens pas du tout viril, je me sens très féminin et je me plais beaucoup plus dans la compagnie des femmes pour bien des activités, y compris pour faire l’amour, que dans la compagnie des hommes.
RMC interview par le Dr Renaud

J’ai horreur du travail en équipe, j’ai horreur de la chaleur humaine. Quand les hommes font autre chose que de la musique en bande, ça se termine toujours au Heysel.
Le Progrès de Lyon, 20 mars 1987

Je ne suis pas un moraliste, car un moraliste défend des idées. Moi, je n’ai pas l’intention de convaincre, je parle pour moi. J’essaie de ne pas vivre en contradiction avec les idées que je ne défends pas.
Libre Belgique, interview par Claire Diez le 21 janvier 1988

À mort le foot !

Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied.

Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football.
Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints.
Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester publiquement sa libido en s’enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grands coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d’usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois ?
Je vous hais, footballeurs. Vous ne m’avez fait vibrer qu’une fois : le jour où j’ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J’eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu’à la fin du tournoi. Mais Dieu n’a pas voulu. Ca ne m’a pas surpris de sa part. Il est des vôtes. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu’on fasse et où qu’on se planque, on ne peut y échapper.
Quand j’étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l’école ou dans la rue. On me disait : « Ah, la fille ! » ou bien : « Tiens, il est malade », tellement l’idée d’anormalité est solidement solidaire de la non-footballité.
Je vous emmerde. Je n’ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celle des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades.

Chroniques de la haine ordinaire / Éditions du Seuil, Points, Warner / 16/06/1986

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