http://tafmag.com/jerome-barbosa-viva-la-psychose/

ARTICLE EXTRAIT DE ’’TAFMAG- The arts factory magazine’’

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C’est à Bayonne en septembre dernier que Jérôme Barbosa a ouvert la douzième saison artistique de Spacejunk, réseau associatif de centres d’art dédié à la nouvelle création contemporaine. L’expo se déplacera à Lyon le 28 novembre. Il y présente ses dessins, ses colères et ses obsessions.

Né en 1978 et avant d’être illustrateur, Jérôme Barbosa est photographe. C’est dans les manifs anti FN en 2002 que lui vient la passion du reportage. Photographe humaniste, il a capturé le quotidien de drogués du centre d’Athènes et photographié la communauté Molokane en Arménie. Même s’il a pris des cours de dessin étant petit, il a attendu les manifs anti-CPE de 2006 pour retoucher à un crayon. Appareil photo à la main dans les rues de Paris, il sympathise avec un peintre venu lui aussi assister à la révolte lycéenne. Jérôme Barbosa dessinera son nouvel ami en train de peindre. « Il faisait de la peinture en 3D. Il intégrait à l’acrylique, des vrais cheveux de femmes récupérés dans des salons de coiffure. J’ai eu envie de redessiner. Car le dessin n’impose aucune limite. Je peux exprimer toutes les choses bizarres qui me passent par la tête. C’est un médium auquel je fais appel quand je ne peux exprimer ce que je ressens par les mots ou la photo. »

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Jérôme Barbosa revendique son appartenance au lowbrow. Mouvement apparu à Los Angeles à la fin des années 70, il se réapproprie l’iconographie des médias populaires (le graffiti, la pub, le comics, le dessin animé) ; techniques et médias n’étant pas considérés comme des « beaux arts » classiques. « J’ai découvert ce courant en tombant sur des œuvres de Todd Schorr, l’une des principales figures du lowbrow. Il utilise les codes picturaux de la Renaissance auxquels il intègre des personnages de cartoon. » L’humour des œuvres de Schorr a interpellé Jérôme Barbosa qui s’est immédiatement identifié à ce mouvement pop-surréaliste.

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On retrouve du Jean Solé dans les oeuvres du dessinateur : un mélange de réalisme et d’absurde. Par exemple : Son dessin du Jésus hyper musclé cloué à sa croix survolant le World Trade Center. Sur la croix on peut lire l’inscription « I love NY ». C’est provocant, drôle et cynique. Autre père technique de Jérôme Barbosa : Claude Serre, célèbre pour avoir montré dans ses dessins l’absurdité de nos sociétés. « Plus tu saliras, plus tu t’approcheras d’une vérité que la plupart tente d’ignorer par peur », martèle Jérôme Barbosa. Ses dessins sont anti-publicitaires. « Je ne vais pas vers le joli. Car ce n’est pas la vérité. Les gens ont peur de la vieillesse et de la laideur, car c’est vrai. » Jérôme Barbosa dépeint dans un style provocateur proche du cauchemardesque la grossièreté du monde.

Julie Maury
Jérôme Barbosa, le site.

A Bayonne jusqu’au 15/11/2014
A Lyon du 28/11/2014 au 24/01/2015
A Grenoble du 06/02/2015 au 04/04/2015